OBSERVATOIRE NATIONAL DES CULTURES TAURINES

Publié le par cercletaurin.nimois

 

 

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COMMUNIQUÉ


Face aux pulsions liberticides et xénophobes exprimées par des mouvements animalistes radicaux ayant revendiqué de nombreux actes de vandalisme un peu partout en France et un incendie criminel au domicile de son président, l'Observatoire National des Cultures Taurines se félicite du consensus exprimé par la classe politique, pour qui la légitimité de la tauromachie dans les régions de tradition ne saurait être remise en question.

Dans la logique de l'Inscription de la Tauromachie au Patrimoine Immatériel Culturel de la France par l'actuel gouvernement, les récentes prises de position de François Hollande, François Bayrou, Jean-Marc Ayrault président du groupe PS à l'Assemblée Nationale, Eva Joly, candidate d'EELV et Cécile Duflot secrétaire générale d'EELV, s'inscrivent dans le respect indispensable que la République française doit garantir à toutes les minorités culturelles qui la composent.

Tous ont mis l'accent sur la dimension culturelle de la corrida et exclu tout débat pouvant remettre en cause l'exception culturelle dont elle bénéficie au regard des règlements et normes communautaires, de la loi Nationale et de la jurisprudence, en refusant de céder à l'appel irresponsable de ceux qui prônent l'exclusion.

L'Observatoire National des Cultures Taurines se réjouit par ailleurs de la prise de position sans équivoque de 150 psychiatres et pédo-psychiatres français, pour lesquels la tauromachie, loin de représenter une menace de traumatisme pour les mineurs, joue au contraire un rôle éminemment formateur au regard de l'apprentissage indispensable de la réalité qu'il importe aux parents de transmettre à leurs enfants.

L’Observatoire rappelle enfin qu’un vaste collectif d’intellectuels et d’artistes a manifesté sa satisfaction suite à l’inscription de la Tauromachie au Patrimoine Culturel Immatériel français.

PIÈCES JOINTES

  • -  lettre des psychiatres et liste des signataires

  • -  lettre des intellectuels et artistes.

150 PSYCHIATRES, PÉDO-PSYCHIATRES ET PROFESSEURS D’UNIVERSITÉ TÉMOIGNENT DU RÔLE FORMATEUR DE LA CORRIDA

Alors qu’une nouvelle fois le danger supposé de la corrida pour les enfants est mis en avant par des associations animalistes, 150 psychiatres, pédo-psychiatres et professeurs d’université français appellent à considérer le problème de la violence sous un angle objectif et non partisan.

La vraie violence des sociétés civilisées est celle que nous montre l’actualité quotidienne dont rendent compte les journaux télévisés . La vraie violence est celle des fictions où la barrière éclate entre réel et virtuel au point d’alimenter la série noire des agressions sauvages. La vraie violence est trop souvent intrafamiliale, c’est celle du vide affectif, de l’abandon meurtifère, du rejet ou du reniement qui tuent en silence dans un quotidien banalisé.

La différence pour la corrida, c’est que si elle est violence apparente dans le spectacle proposé, elle est avant tout passion dans le message véhiculé. Un enfant ne va jamais seul à la corrida. Il y va dans l’amour, main dans la main avec un adulte pour guide éclairé. Il y va pour l’amour d’un animal, pour l’admiration d’un homme, pour la convivialité d’un moment dans une ouverture existentielle affectueusement balisée par le parent qui l’accompagne, dans une intime et confiante complicité à la recherche d’émotions nouvelles, de valeurs à découvrir et à partager. Il y va précédé d’un imaginaire fantasmagorique qu’il va chercher à apprivoiser.

La violence est un ingrédient incontournable et inéluctable de la vie. Notre travail d’homme est de tenter d’apprivoiser cette violence, de sublimer cette image terrifiante de la mort. Notre rôle de parent est d’aider nos enfants à conjurer leurs peurs et à désarmer la violence. Il y a les contes de fées*. Il y a les contes de féria où la vie terrasse la mort, où la mort se fait dans l’amour, où des héros « en costume de papier » apprivoisent le temps d’un souffle la violence brute et abrupte d’un animal sauvage. Et après le frisson de la peur, celui de la joie. Après la tristesse d’avoir vu mourir un animal mythique et vénéré, avoir la promesse d’aller le voir naître un jour au campo, toujours main dans la main, cœur contre cœur. L’émotion aussi sera grande.

Non la corrida ne se résume pas dans le schéma primaire et étriqué d’un torrent d’hémoglobine. Elle est source d’émotions, de partage affectif, de communion spirituelle, d’hommage à nos racines et de fierté pour nos rameaux. Elle est épanouissement personnel par une identification à un héros, elle est proposition esthétique et expression culturelle. Elle est pour nos enfants une expérience enrichissante proposant des valeurs positives et structurantes dans un respectueux et affectueux partage.

Quant au traumatisme invoqué, ce n’est pas de la médecine, c’est de la littérature !

En revanche, faut-il demander l’interdiction des contes d’enfant en raison de leur dangerosité sur la formation des enfants ? (Cendrillon découche, Pinocchio ment, Aladin vole, Batman conduit à 320 km/h, la Belle au Bois Dormant est une grande flemmarde, Blanche Neige vit en concubinage avec 7 mâles, le petit Chaperon rouge désobéit, Astérix se dope à la potion que lui fournit un dealer qui est le curé du village... Quant aux héros des frères Grimm, ils sont alternativement parricides, infanticides, pédophiles...)

Et faut-il demander l’interdiction d’accès aux stades de foot pour les mineurs, au vu des violences de plus en plus fréquentes que l’on y déplore entre supporters fanatisés ?

Enfin, pour raison garder, chaque couple parental n’est-il pas à même de proposer à ses enfants les ouvertures culturelles auxquelles il adhère ?

Roland Sourbets (Tarbes), David Zambelli (Bagnères), Calude Rezai (Pau), Marie Ange Le Tieu (Pau), Claude Roux (Bayonne), Denis Thène (Anglet), Marc Vidal (Dax), Marc Bourgeois, Pierre Rajer (Cenon), Christian Gaussaresses (Bordeaux), Jean Alberny (Auch), François Gardes (Auch), Michel Lavergne (Auch), Jacqueline Lacour Dumazac (L’Isle Jourdain), Bruno Le Lang (Auch), Chantal Demangeot (Castres), Philippe Mangin (Castres), Guy Parmentier (Albi), Mario Chicon (Castres), Michel Daurignac (Montauban), François Olivier (Montauban), Céline Aquilina (Pin Balma), Michel Frexinos (Pin Balma), Rafael Giachetti (Pin Balma), Catherine Soubirac (Pin Balma), Fabrice Simonet (Toulouse), Saladin Stiti (Toulouse), Henri Stulzmann (Pin Balma), René Tollemer (Toulouse), Jean-Claude Trémont (Toulouse), Élie Vallejo (Toulouse), Marie-Claude Vallejo (Toulouse), Marie Thérèse Alonso (Toulouse), Nathalie Alquier (Toulouse), Léonard Ametepe (Toulouse), Gérard Baisse (Toulouse), Jacques Barrère (Toulouse), Djamal Belazouz (Toulouse), Mehdi Benazouz (Toulouse), Marie France Moles (Colomiers), Francis Moles (Colomiers), Maurice Bensoussan (Colomiers), Charles Beyney (Toulouse), Serge Boubli (Toulouse), Christian Bourbon (Toulouse), Jean-Jacques Bourrel (Toulouse), Pierre-Jean Breuillaud (Toulouse), Patrick Cabal (Toulouse), François Cartault (Toulouse), Liliane Celotto (Saint Loup Cammas), Marie Christine Claux ( Toulouse), Jean- Pierre Cohen (Toulouse), Daniel Cros (Toulouse), Albert Danan (Toulouse), Claude Dray (Toulouse), Carole Fabre (Toulouse), Michel Faruch (Toulouse), Catherine Faruch (Toulouse), Nicole Faruch (Toulouse), Jacqueline Fayat Picard (Toulouse), Véronique Fontvieille (Toulouse), Jean-Pierre Gardes ( Toulouse), Serge Galley (Fronton), Marc André Goudineau (Toulouse), Noë Guetari (Toulouse), Jean-Michel Guibaud (Toulouse), Joël Hartmann (Toulouse), François Heim (Toulouse), Pierre Hugon de Scoeux (Toulouse), Gérard Jover (Toulouse), Gaël Juglard (Toulouse), Paule Khalifa (Toulouse), Christian Larrose (Toulouse), Jean-Jacques Layani (Toulouse), Laurent Lesgourgues (Toulouse), Laurent Lignac (Toulouse), Jean-Michel Loustalan (Toulouse), Marie Christine Maffre Barus (Toulouse), Claude Maillet (Toulouse), Nicolas Marfaing (Toulouse), Frédéric Melinand (Toulouse), Françoise Millet Bartoli (Toulouse), David Modavi (Toulouse), Yves Monfort (Toulouse), Robert Mosnier (Toulouse), Jacques Parant (Toulouse), Nicole Parant Lucena (Toulouse), Sylvie Penavayre (Toulouse), Geneviève Peresson (Toulouse), Joël Pon (Toulouse), Christian Prim (Toulouse), Jen-Claude Trémont (Toulouse), Anne-Marie (Puget Becq (Toulouse), Stéphanie Ruffie (Toulouse), Joaquin Ruiz (Toulouse), Jacques Rustan (Toulouse), Christian Salomone (Toulouse), Christine Sarramon (Toulouse), Laurent Schmitt (Toulouse), Mocrane Abbar (Nîmes), Chritine Cabrol Fraysse (Perpignan), Brigitte Rimliger Abar, Jacques Sylvaing (Béziers), Michel Cannat (Montpellier), Christian Castelnau (Montpellier), Jean-François Chiariny (Montpellier), Pierre Cournac (Montpellier), Philippe Courtet (Montpellier), Haziz Hermés (Montpellier), André Jacquemin (Montpellier), Pierre Nuce de Lamothe (Montpellier), Jean-Claude Penochet (Montpellier), François Torres (Montpellier), André Gassiot (Rodez), Jean Raymond Zekri (Marseille), Michel Bonnet (Marseille), Suzanne Boyadjan (Marseille), Daniel Dassa (Marseille), Thierry Bottai (Marseille), Nicole Louis (Arles), Catherine Samuelian, Jean-Claude Samuelian, Dominique Pringuey (Nice), Michel Benoit (Nice), Frédéric Sorbara (Paris), Bernard Astruc (Paris), Maurice Ferreri (Paris), Florian Ferreri (Paris), Philippe Nuss (Paris), Paul Dilouya (Paris), Joël Gailledreau (Elancourt), Philippe Leclerc (Mulhouse), Christophe André (Paris), François Conrault (SaintDié des Vosges), Patrick Singer (Strasbourg), Jean-Michel Ranoux (Pertheville Ners), Olivier Devron (Saint- Étienne), Olivier Dubois (Saujon), Daniel Bert (Coutances), Jean-Paul Chabannes (Saint Égrève), Bruno Millet (Rennes).

LETTRE DES INTELLECTUELS ET ARTISTESAU MINISTRE DE LA CULTURE
À L’OCCASION DE L’INSCRIPTION DE LA TAUROMACHIE AU PATRIMOINE IMMATÉRIEL CULTUREL FRANCAIS

 

Monsieur le Ministre,

Nous sommes très heureux d’apprendre que la commission compétente du ministère de la culture a jugé recevable le dossier sur la corrida présenté par l’observatoire national des cultures taurines et qu’en conséquence la tauromachie, telle qu’elle est vécue et pratiquée en France, a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de notre pays.

Cette décision, nous le savons, n’est pas autre chose que la prise en compte scientifique de la dimension culturelle de la corrida et, en quelque sorte, l’explicitation, de ce point de vue, des raisons pour lesquelles la loi et la jurisprudence françaises ont légalisé depuis plus d’un demi- siècle cette pratique dans « les régions de tradition locale ininterrompue ». Mais elle constitue sans aucun doute une avancée pour le respect de la diversité des expressions culturelles qui a fait l’objet d’une convention signée par l’ensemble des Etats membres de l’UNESCO, dès lors que ces expressions sont conformes à la déclaration universelle des droits de l’homme.

Ceux dont la sensibilité, dans notre pays, s’oppose à la corrida méritent autant de respect que ceux qui adhèrent à cette tradition en raison d’un héritage familial ou d’une initiation qu’ils ont accomplie de leur propre chef. Dans tous les cas la liberté culturelle des uns et des autres doit être garantie. Telle est la signification principale que nous voyons à l’inscription de la corrida sur la liste du patrimoine culturel immatériel de la France, au vu des observations et des réflexions exposées par un comité de chercheurs et d’universitaires dont les compétences scientifiques en la matière sont indiscutables.

Toute pression exercée pour faire annuler cette reconnaissance de la tauromachie comme une culture vivante, qui contribue à l’identité des régions où elle se pratique, et qui a, par ailleurs, inspiré hier et aujourd’hui de grandes œuvres de la littérature et des arts plastiques et visuels, ne peut être, selon nous, qu’une réaction d’obscurantisme et d’intolérance.

En saluant, encore une fois, l’ouverture d’esprit dont le ministère de la culture a fait preuve, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

LISTE DES SIGNATAIRES

Eric Barbier, cinéaste ; Christophe Barratier, cinéaste ; Bartolomé Bennassar, historien, ancien président de l’Université de Toulouse-Le Mirail ; Daniel Benoin, auteur, metteur en scène et comédien, directeur du Théâtre national de Nice ; Vincent Bioulès, artiste peintre ; Jean-Loup Bourget, professeur des universités, chaire d’études cinématographiques, Ecole normale supérieure de Paris ; Sophie Calle, artiste ; Jean-Paul Capitani, membre du directoire des éditions Actes Sud ; Jean Cardot, sculpteur, membre de l’Académie des Beaux-Arts ; Philippe Caubère, comédien, auteur et metteur en scène ; Jean-Paul Chambas, artiste peintre ; Yves Charnet, poète et écrivain ; Lucien Clergue, photographe, membre de l’Académie des Beaux- Arts ; Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, chaire de littérature française, moderne et contemporaine ; André Comte-Sponville, écrivain et philosophe ; Michel Deguy, poète et écrivain ; Florence Delay, écrivain, membre de l’Académie française ; Vincent Delecroix, écrivain, professeur de science des religions à l’Ecole pratique des Hautes études ; Georges Didi-Huberman, écrivain et philosophe ; Michel Dieuzaide, cinéaste et photographe ; Jean-Pierre Digard, anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS ; Françoise Gilot, peintre ; Jean Jamin, anthropologue, directeur d’études à l’EHESS, directeur de la revue L’Homme ; Gérard Jugnot, acteur et réalisateur ; Jean Lacouture, écrivain ; Christian Lacroix, designer ; Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste, directeur de la revue Les Temps Modernes ; Francis Marmande, professeur des universités émérite, Université de Paris-Diderot; Jean Nouvel, architecte ; Denis Podalydès, comédien, auteur et metteur en scène, sociétaire de la Comédie française ; Michel Portal, musicien ; Alain Renaut, professeur des universités, chaire de philosophie morale et politique de la Sorbonne ; jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point (Paris) ; Philippe Roger, historien de la littérature, directeur d’études à l’EHESS, directeur de la revue Critique ; Hervé di Rosa, artiste peintre ; Guy de Rougemont, peintre et sculpteur, membre de l’Académie des Beaux-Arts ; Claude Viallat, artiste peintre ; Jean-Didier Vincent, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris XI, membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine ; Francis Wolff, philosophe, professeur des universités, Ecole normale supérieure de Paris.

Publié dans Culture Taurine

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