16 articles avec le toro

Prendre le Toro par tous ses états

Publié le par cercletaurin.nimois

Sculpture Taureau

Sculpture Taureau

Au Cercle Taurin Nîmois, le Toro n'a pas d'autres consonances que cet animal vivant en semi-liberté sur les terres Ibériques, Camarguaises, d'Amérique latine et du Sud et qui, dans une arène, montre sa bravoure et sa noblesse lors de courses de Toros ou de courses à la cocarde.

Et pourtant le lecteur sera tout étonné de découvrir sous ces quatre petites lettres bien des différences.

Prenez, par exemple, une marque de pantalons qui, dans les années 60 proposait un nouveau textile : le Tergal et qui eut un grand succès par l'audace de ses publicités renforcées par le journaliste-aventurier présentateur du journal télévisé Georges de Caunes qui défia l'ORTF en posant pour la marque des pantalons LE TORO.

En 1966, un journaliste professionnel risquait de se faire retirer sa carte de presse s'il franchissait la ligne rouge entre actualités et publicités.

Prendre le Toro par tous ses états

TORO c'est également la marque d'une société Américaine dont le siège social est situé à Riverside en Californie, et, spécialisée dans le matériel pour entretien de gazons, de terrains de golf ou d'arrosage. TORO fête cette année son centenaire.

TORO est aussi le nom de villes et villages dans de nombreux pays : au Cameroun, Colombie, Espagne, Italie, Japon, Nigeria, Ouganda, Sénégal et Tchad.

Au Japon c'est également l'appellation d'une partie du corps du thon et, en Espagne, les membres du CTN se souviennent d'une halte-déjeuner à la gare de Toro lors d'un voyage vers Salamanca. 

Gare de Toro

Gare de Toro

Arènes

Arènes

Prendre le Toro par tous ses états

En Espagne, TORO est un vin issu de 40 domaines de la région de Castille et Leon.

TORO est un nom propre porté par de nombreuses personnalités à travers le monde en commençant par l'acteur Portoricain-Espagnol Benicio del Toro qui reçut le prix d'interprétation masculine à Cannes lors du Festival de 2008 pour son rôle dans « Che Guevara ».

Les pages internet nous délivrent les noms de

Luigi Toro, peintre Italien; Mario Toro, karatéka Vénézuélien; Ray Toro, musicien Américain; Sofia Toro, skipper Espagnole ; Tatiana Toro, mathématicienne Colombienne-Américaine ou encore Tom Toro, dessinateur et écrivain Américain ainsi que Toro le super-héros de chez Marvel.

La mythologie n'est pas avare de TAUREAUX, où, pour ne rappeler que cet exemple Jupiter s'incarnait en bovin ailé pour séduire Europe.

Et n'oublions pas Mithra qui faillit supplanter la religion catholique !

Mithra sacrifiant le taureau

Mithra sacrifiant le taureau

Reste également le TAUREAU des signes du zodiaque (21 avril – 20 mai) et celui de la marque Italienne Lamborghini qui baptisa en 1968 son modèle « Islero », toro de Miura qui infligea à Manolete un coup de corne mortel.

Le choix d'un toro voulait rivaliser avec le cheval cabré de Ferrari.

Lamborghini Miura

Lamborghini Miura

Prendre le Toro par tous ses états
Prendre le Toro par tous ses états

TORO est également le nom d'un astéroïde découvert par Carl Wirtanen en 1948, et pour revenir sur terre le nom d'un jeu d'entraînement au football comme le surnom du Torino Football Club.

Il ne fait pas de doute que la liste de ce petit jeu ne s'arrête pas là, et, revenons à notre définition première : le Toro de combat qui nous fait déplacer parfois loin, qui nous déçoit parfois, qui nous ravit, que l'on respecte et qui est l'objet de notre passion pour la tauromachie.

 

Paul BOSC

... Et Chez GAVIRA...

Publié le par cercletaurin.nimois

... Et Chez GAVIRA...

Et chez Gavira…

Autre ganaderia, autre histoire, celle de Gavira débute étrangement. En 1933, Salvador qui s'adonne à la contrebande près du rocher de Gibraltar achète l'ancien élevage de José Marzal pour « blanchir » quelque peu ses revenus et faire un placement.

Toutefois son fils Antonio qui est un grand aficionado ne l'entend pas de cette oreille. Antonio va effectuer une sélection scrupuleuse et injecter du sang de Salvador Domecq au Marzal.

Il réussit à présenter des toros « presque » idéaux pour les toreros et les empresas mais hélas la faiblesse est souvent de mise et les aficionados ne courent pas la taquilla quand un cartel est annoncé.

En 2005, Antonio a été tué au campo et se sont ses enfants qui gèrent aujourd'hui la ganaderia située à Los Barrios dans un paysage magnifique. La finca, blanche et rouge, domine la proriété sur la colline boisée de chênes verts que commente un ami :

 "Merci Juan GAVIRA pour cette visite. C'est incroyable d'être si proche des toros et d'apprendre directement du propriétaire, le cadre est magnifique, merci pour le délicieux verre de vin ! ça vaut vraiment le coup".

 

A lire également : Chez RUELGA….

Chez REHULGA...

Publié le par cercle taurin nimois

Quand nos amis de la commission taurine du CTN, Monique DESSUS et Paul BOSC s'associent, et que Polo prend sa plume pour vous faire découvrir deux des ganaderias que nous visiterons pendant votre voyage à Jerez, nous n'avons plus qu'à nous laisser guider avec un très grand plaisir.

Ce que vous allez découvrir à la ganaderia Rehuelga

 C'est un voyage dans l'espace et dans le temps que vous allez effectuer dimanche 19 mai. Il suffira de parcourir une cinquantaine de kilomètres depuis Jerez pour découvrir un de ces si jolis villages blancs d'Andalousie Benalup de Sidonia.

Sur les collines proches couvertes de chênes verts, s'ouvrira le domaine de la ganaderia Rehuelga que possède Rafael Buendia. Un royaume pour les toros et les vaches au pelage cardeños et directement issus de la caste Santa Coloma. 

Une ligne verticale et directe depuis le conde qui a créé l'encaste en 1905, mais surtout depuis l'acquisition de l'élevage par Joaquin Buendia Peña et Felipe Bartolomé en 1932. Le sang Santa Coloma coule encore aujourd'hui dans les veines des toros bravos et vaches de ventre de l'élevage que Rafael Buendia va vous faire visiter.

 L'historique des Buendia s'est un peu compliqué lors du partage du troupeau et des fincas familiales après la disparition de Joaquin en 1996, les héritiers étant nombreux mais finalement les enfants sont parvenus à partager en trois les biens. José Luis conserve le fer, tous les mâles et un lot de vaches, le reste donne naissance à trois nouveaux fers : « Bucaré » du nom de la maison-mère par Javier ; « Rehuelga » pour Rafael et « la Armarguilla » pour Joaquin.

Forts prisés par les vedettes des années 60 et 70, les Buendia avaient perdu de leur prestige.

 Rafael Buendia Ramirez de Arellano qui n'avait pas acquis une part très importante va alors entreprendre une nouvelle sélection et petit à petit remonter la pente jusqu'à cette historique corrida du 7 juin 2017 à Madrid avec une vuelta al ruedo pour « Liebre » et des ovations pour 2 autres exemplaires avec salut du mayoral en fin de course.

 En remontant le temps, les souvenirs nous rappellent que Saint-Martin de Crau avait programmé un toro de Rehuelga en corrida-concours en 2009 que Medhi Savalli avait indulté et la corrida de 2014 du même élevage a obtenu le prix de la meilleure corrida du Sud-Est.

 

Laissons paître tranquillement les taureaux de REHUEGA avant de suivre à nouveau Polo chez GAVIRA.... 

Merci à lui et à bientôt sur le blog pour la suite de cet article.

le manejo

Publié le par cercletaurin.nimois

le manejo

Jean-Marie Raymond était l'invité des Jeudis du Cercle le 4 Octobre dernier. Ganadero établi en Andalousie, il porte avec passion le fer Virgen Maria et a traité du manejo au cours d'une intervention enlevée, riche de détails et d'anecdotes, pour le plus grand plaisir d'un l'auditoire particulièrement nombreux en ce début du Cycle Culturel "BRAVE".

Nous publions ici le résumé de son intervention.

le manejo
Photo Michel CHAUVIERRE

                                  

 

LE MANEJO

Par Jean-Marie RAYMOND

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Le toro bravo est le protagoniste le plus important de la corrida, celui qui suscite les passions les plus intenses et les sentiments les plus forts : admiration et peur se côtoient dans les yeux des aficionados face à cet animal puissant, cette montagne de muscles saillants surmontée d’une paire de cornes impressionnantes et toujours prêtes à foudroyer celui qui se montrerait trop audacieux. Lorsqu’il meure dans l’arène avec bravoure, il réveille « un chœur d’applaudissements » formé sans doute de toutes les créatures du campo vivantes et disparues.

 

Quant à l’éleveur il n’est que le dépositaire de ce chœur. C’est peu et c’est beaucoup. Qu’une nature aussi artiste mette entre nos mains son devenir est lourd de responsabilités. Par quelle alchimie atteindre à ce toro idéal dont la perfection se situe à la fois dans l’avenir et le passé ?

 

Deux supports servent de base, et des éléments incontournables à l’approche de ce Graal : L’alimentation et Le Manejo.

 

Le manejo qui intervient quotidiennement dans l’élevage par la relation entretenue entre l’éleveur et l’animal. Le manejo n’est pas uniquement déplacer le bétail mais c’est surtout l’observer, le connaitre, intégrer ses réactions, prévoir son comportement. Par les travaux du campo, il nous faut réaliser, le temps aidant, un difficile dosage entre la bravoure, la race et la caste. Il faut parvenir à ce point presque parfait où la promptitude du toro à la charge se marie avec la fixité de sa tête dans le cheval et la muleta.

 

Notre approche du toro va évoluer en fonction de notre travail mais surtout en adéquation avec le territoire occupé par l’animal à cet instant, sachant que le comportement territorial est la base d’autres comportements fondamentaux comme social, hiérarchique, sexuel, alimentaire.

 

On peut considérer qu’il existe deux types de territoire :

- le territoire local qui représente tout l’espace sur lequel il peut se déplacer,

- le territoire personnel ou zone sûre qui est uniquement l’aspect réduit qui varie avec les déplacements de l’animal.

Ce second territoire acquiert une grande importance; et on peut le dédoubler en trois composants : espace physique, espace social et la distance de fuite.

  • Espace physique : celui dont l’animal a besoin pour se déplacer,
  • Espace social : celui de l’interaction avec ses congénères,
  • Distance de fuite : nécessaire pour fuir ses ennemis potentiels.

 

Dans notre ganaderia l’ensemble des déplacements, hors la distribution de pienso ou de foin s’opère à cheval et les paroles sont brèves dans le campo parce que les actions nécessitent une fébrilité muette et attentive.

 

 

Naissance

En Andalousie, les sementales couvrent généralement les vaches entre le            1er Janvier et la St Jean. De ce fait, les naissances s’échelonnent jusqu’au début mai, vers les dates de la feria de Seville. Cela permet d’offrir aux mères qui allaitent une alimentation par un campo vert et riche en herbe sous une température clémente.

 

Lorsqu’elle se sent près de mettre bas, la mère cherche un endroit protégé.

Elle se couche en général pour mettre au monde mais si un vaquero, involontairement s’approche, elle se relève et poursuit l’opération debout en se tournant vers le soleil. Elle nettoie le nouveau-né et fait en sorte qu’il s’endorme dans un lieu bien caché non visible par un regard étranger. A nous de faire preuve d’astuces pour trouver où il est afin de pouvoir le marquer à l’oreille, mais la vache, dès qu’elle nous voit approcher, nous entraine sur des fausses pistes. Le vaquero imite le mugissement du veau, la vache répond croyant qu’il est en danger et nous informe du lieu…                             

 

Destete (sevrage)

 

On va chercher le lot de vaches mères avec leur progéniture depuis leur enclos et nous les regroupons au pas vers un lieu spacieux mais adapté. C’est une belle opération de campo relativement dangereuse qui implique professionnalisme et confiance entre les intervenants. Dans l’enclos un cavalier sépare les vaches;  un autre coupe le veau de sa mère et un troisième se place prés de la porte pour ne laisser sortir celle-ci que lorsqu’elle vient seule. La vache fuit vers la sortie mais dés qu’elle s’aperçoit qu’elle n’a plus son rejeton, elle essaye de revenir mais elle en est empêchée par un vaquero. Tout cela se passe dans une confuse mêlée de bêtes et sur quelques mètres.

 

Les Cabestros

Le déplacement des vaches et toros ne peut être possible qu’avec l’aide des cabestros; leur présence s’explique par l’instinct grégaire des animaux braves.

Le toro obéit au cabestro qui est le seul animal dressé et les informations passent de mère à fille, le male conservé étant pour une utilisation de reproducteur. Les cabestros sont, selon la coutume, la propriété du mayoral. Le respect du toro pour le cabestro permet d’exploiter cet instinct pour le transfert des bêtes.

 

Déparasitage, marquage, sanitaire, blessure, muesco

 

Deux fois par an, sous le contrôle de notre vétérinaire et de la OCA, l’élevage passe dans sa globalité au déparasitage et vaccination contre la tuberculose, la brucellose et autre. Cela permet une vérification de la tenue du ganado, de son état, et de se rappeler avec l’aide de l’ordinateur la traçabilité de chaque animal, son comportement au campo et ses qualités reproductrices. Pour cette opération les animaux passent dans un couloir et subissent prises de sang, aspersion de produits protecteurs sur la colonne vertébrale et vaccin par injection.

 

Le marquage des añejos  s’opère une fois par an en présence du vétérinaire de la Union des Criadores de Toros de Lidia, association dont nous faisons partie et qui détient le livre généalogique. Nous sommes également parfois l’objet de contrôles inopinés par les services vétérinaires de Madrid.

 

Tentadero, sélection femelles – males

 

Les critères de sélection du toro sont avant tout conditionnés par le goût du public ; même si le ganadero essaye d’insérer sa vision du toro. Il doit se soumettre aux désirs des spectateurs qui n’ont cessé d’évoluer depuis la création de ce spectacle. Autrefois les toros âgés de 5 à 7 ans étaient recommandés ; ces animaux présentaient l’avantage de prendre du poids naturellement mais ne favorisaient l’ensemble du spectacle puisque, massifs et impressionnants, ils n’apparaissaient adaptés qu’à la pique et se révélaient incapables de subir plus de dix passes de muleta.

 

De nos jours la faena est devenue le point culminant de la corrida, l’instant où s’exprime réellement le matador, faisant vibrer un public toujours plus avide de sensations. Ainsi les qualités exigées aujourd’hui sont basées sur la charge franche, le dynamisme et le pouvoir de combattre bravement.

Ce qui est l’apanage de toros plus jeunes qui présentent un poids plus léger et qui peut être compensé par un engraissement intensif dont le défaut peut être une perte de mobilité

L’exposition de ces paramètres fournit l’équation que doit réaliser le ganadero à partir des tientas où il va opérer un choix dont il ne connaitra le résultat au mieux que deux ans plus tard et en fonction du semental affecté à la vache choisie

 

Mis à part lors du tentadero, les vecteurs incontournables permettant d’apprécier l’aspect brave de l’animal, à savoir : cheval, moteur, noblesse, comportement global, allure. Il est nécessaire de prendre en compte des paramètres plus particuliers qui ont un fondement physiologique mais qui déclineront la qualité de l’élevage sur le long terme et entraineront le développement musculaire et ipso facto la personnalité physique du toro lors de son combat

 

Lorsque le toro pénètre en courant dans une arène, le spectateur est tout d’abord frappé par l’impression de puissance qui se dégage de cette masse de muscles

C’est grâce à la résistance musculaire, acquise au cours des quatre années d’élevage qu’il pourra affronter et résister aux assauts successifs qu’il subit lors du combat

 

 

Le bovin détient trois types de fibres :

  • Type 1 rouges oxydatives pour contraction lente bonne résistance à la fatigue. Cette fibre intervient dans la faena qui nécessite des efforts plus lents et plus longs qui orientent le muscle vers un métabolisme oxydatif aboutissant à l’épuisement final.
  • Type 2 rouges oxydoglycolytique qui se caractérisent par une contraction rapide avec une moins bonne résistance à la fatigue avec forte concentration en glycogène. Fibres utilisées durant la pique où l’animal fournit des efforts violents et vifs consommant beaucoup de glycogènes.
  • Type 2 blanches glycolytiques qui permettent une contraction rapide avec une faible résistance à la fatigue. Ces fibres interviennent dans les muscles de locomotion et lors de récupération et de recherche d’un second souffle comme lors du tercio de banderilles malgré les pertes hémorragiques importantes.

 

Chaque animal possède au départ des qualités plus ou moins grandes qu’il peut développer avec l’entrainement.

 

 

Alimentation

 

Si l’alimentation n’est pas partie prenante du manejo, on ne peut oublier ce paramètre. Dans les 12 premiers mois tout retard de croissance est définitif, une insuffisance de lait pénalise le développement de fibres lentes, un bon allaitement dans les premiers mois favorise le développement des fibres rapides.

 

Après 12 mois le niveau alimentaire se réduit, les animaux se déplacent, la croissance compensatrice fait son effet en utilisant le cycle de pousse de l’herbe en évitant les seuils de carence en minéraux oligo-éléments. Cette opération dure jusque vers trois ans.

 

Vers trois ans s’opère une transformation morphologique avec une répartition différente de masses musculaires. Seules des régions cervicales thoraciques se développent, notamment de façon très importante. Il est nécessaire à partir de trois ans de privilégier la croissance régulière et de supprimer toute croissance compensatrice par un développement de fibres rapides, d’accumulation de graisse sous cutanée.

 

De la troisième à la quatrième année, on ajoute du foin et des aliments enrichis en minéraux, vitamines et oligo-éléments, le fameux pienso.

 

Les cornes

 

Un autre critère anatomique concerne bien sûr les cornes dont la présence contribue au caractère dangereux et impressionnant de la corrida. Les cornes doivent mesurer de 37 à 53 cm de berceau pour 50 à 70 cm de longueur. Comme vous le savez elle sont parfois protégées par des fundas. Cette opération de pose et dépose s’opère dans une caisse dénommée muesco qui sert également pour les soins et facilite l’intervention du vétérinaire lorsque cela est nécessaire. Cette cage évite aux animaux un stress excessif.

 

Le toro apprécie la présence et la distance à l’aide des cornes

 

Les autres sens

 

La vision du toro de combat est semblable à celle des autres bovins, l’acuité visuelle est faible et environ 70% sont touchés par la myopie. Le toro possède toutefois une vision lointaine assez précise. Ce facteur est d’importance dans l’arène pour le torero qui doit rapidement trouver le sitio où le toro est le plus à même pour répondre à sa demande.

 

Comme vous le savez le déclenchement de la charge est en fait dû à la stimulation du mouvement et non à la couleur. L’ouïe du toro est bonne et considérée du même niveau que celle de l’homme.

 

L’odorat est très développé et joue un rôle important dans la communication (le sang du toro lidié est enlevé dans l’arène avant arrivée du toro suivant).

 

La vie quotidienne du toro bravo

 

Le Toro est destiné à livrer un combat face au torero. La beauté et la réussite du spectacle passe par une spontanéité de l’animal qui est altérée par toute confrontation préalable avec l’homme. Plus exactement, il faut éviter toutes les situations comparables à celles que le Toro subira au sein de l’arène, et toutes les manipulations des animaux au cours de l’élevage nécessiteront donc une technique adaptée.

 

Outre les pratiques précoces de marquage et les soins vétérinaires, les toros vivent en liberté au sein de grands espaces, le plus souvent sous forme de troupeaux puisqu’ils manifestent spontanément un esprit grégaire.

 

Les males sont évidemment toujours séparés des femelles sauf dans le cas du semental durant la période de reproduction. Le contrôle des déplacements est difficile dans la mesure où le Toro est un animal méfiant qui fuit toute situation inconnue ou plus particulièrement l’isolement loin de ses congénères.

 

Le rôle des cabestros est donc essentiel puisque par leur intermédiaire sont facilités l’isolement de toro ou les manipulations du troupeau entier. En effet, le toro encerclé par ces boeufs munis de bruyantes cloches se sent rassuré et suit le mouvement général sans appréhension. Le troupeau est déplacé lorsque la prairie sur laquelle il se trouve ne fournit plus une quantité de pâture suffisante.

 

Les moyens de communication entre les animaux sont limités, l’échange d’informations s’appuyant en fait sur la posture visuelle souvent caractéristique, les vocalisations et les odeurs.

 

L’organisation du groupe s’appuie sur un équilibre précaire entre le désir de rester avec ses congénères mais aussi celui de conserver un espace personnel dont la violation engendrera inévitablement des conflits. La hiérarchie s’établit spontanément elle est essentiellement basée sur des critères physiques : poids taille mais aussi sur des facteurs plus variés : état hormonal ancienneté dans le groupe la race etc. Cette organisation est nécessaire puisque ces animaux grégaires effectuent l’ensemble de leurs activités (prises d’aliments ruminations, repos, déplacement) au même moment.

 

 

En conclusion, pour comprendre l’attirance que peut susciter la tauromachie spectacle, a priori cruelle, il ne faut pas l’isoler de son contexte mais l’envisager dans le cadre d’une culture, d’une ambiance où la passion prédomine. Passion des lumières, passions des odeurs, passion de la musique pendant laquelle les arènes se remplissent lentement dans l’attente du spectacle. Passion des hommes, torero ou éleveur, tous très dignes qui observent d’un œil aguerri un environnement qui constitue leur raison de vivre.

Passion enfin pour un animal singulier et impressionnant, le toro brave qui se livre avec noblesse et courage dans un combat mortel pour lequel il a été sélectionné.

 

Le spectacle Taurin peut assurément apparaître inutile et incompréhensible.

Il vise seulement à mettre en valeur l’ampleur du travail réalisé en amont par des hommes dont la motivation repose certes sur l’amour de la corrida mais avant tout sur l’amour du toro.

 

Jean-Marie Raymond

Octobre 2018

 

 

 

 

 

Francis Wolff revient !

Publié le par cercletaurin.nimois

Francis Wolff revient !
Nouvel épisode de la série "BRAVE"  jeudi prochain 7 Février avec la venue du philosophe Francis Wolff aux Jeudis du Cercle. 
 
Par le passé, Francis Wolff a animé de brillantes soirées des Jeudis du Cercle. Il récidive le 7 février dans le cadre du Cycle Culturel du CERCLE TAURIN NÎMOIS sur le thème :
 
Les paradoxes de la Bravoure
ou 
De quoi la Bravoure est-elle le nom ?
 
Une soirée riche de culture taurine en perspective, dans le cadre accueillant du Moulin Gazay et son traditionnel cocktail.
 
 
 
DATE LIMITE des INSCRIPTIONS : le 5 FEVRIER 2019
 

DES TOROS VENUS DU FROID

Publié le par commission Voyage et Sorties du CTN

Article de Paul BOSC

Article de Paul BOSC

La commission « Voyages » du Cercle taurin nîmois a programmé pour le vendredi 24 août 2018, lors du voyage annuel qui dirige les membres vers le Pays basque et Bilbao, une journée dans une ganaderia, une ganaderia particulière, celle de Antonio Bañuelos, située près de Burgos... Là-haut sur la montagne !

 

Les aficionados les appellent « les toros du froid et de la neige » car ils paissent entre 1.050 et 1.250 mètres d'altitude sur les bords du mont Paramo de Masa. Il y pleut entre 750 et 800 litres par m2 en moyenne chaque année, un peu moins évidemment quand la canicule est présente et la température oscille entre -13 C° l'hiver et 34° au mois d'août. Le tableau ne serait pas complet si nous ne signalions pas que la neige est présente 114 jours par an, soit 4 mois. Et que c'est la première fois qu'une ganaderia s'installe dans cette région. Brrrr.

 

La finca que nous allons découvrir se nomme « La Cabañuela ». Antonio Bañuelos s'y est installé en 1993 et au mois de juin, sont arrivés à Burgos, en provenance de Medina Sidonia, les premières vaches et anoubles et reproducteur achetés à la ganaderia Torrealta, encaste marquis de Domecq.

 Si le choix de cette situation géographique semble bizarre pour élever des toros de combat, il s'avère aujourd'hui judicieux car le bétail parvient a pratiquement vivre les trois-quart de l'année des pâturages. Dès le printemps avec l'apparition des feuilles de chênes puis par l'humidité des prés apportée par la rosée matinale qui maintient les prairies vertes pendant les mois d'été. En automne et hiver les cultures de céréales apportent l'alimentation nécessaire.

 De cet « Univers impitoyable » comme on chantait dans « Dallas » la série-culte des années 80, le bétail s'est parfaitement adapté.

Nous en saurons plus en visitant les installations, en questionnant le propriétaire, en examinant attentivement le comportement des 2 vaches qui seront tientées dans la plaza avant le repas dans le palco de la même plaza.

 

Et sachez aussi que pour faire honneur au héros légendaire du Cid, né près d'ici, le premier toro, macho numéro 1 porte le nom de « Campeador ».

 

Merci Polo pour ce bel article qui nous met l'eau à la Bouche, nous avons hâte de  les découvrir, même sans la neige, même sous 35 ° !!!

La commission Voyage et Sorties du CTN

 

 

 

 

 

 

Noblesse extême

Publié le par Charles CREPIN

On connait la compétence professionnelle du vétérinaire Hubert COMPAN pour la race Brave, ainsi que l'intérêt assidu qu'il porte à certaines encastes.

Aujourd'hui, Hubert nous propose une chronique sur "la noblesse extrême". Un sujet qui, replacé dans le plus large contexte du caractère de la Race Brave, pourrait animer nos futures tertulias d'hiver en les recentrant sur les fondamentaux de la corrida, sans oublier le versant culturel affirmé qui les caractérise.

C.C.

Lundi 20 mai 2018 à Nîmes, 1er Jandilla pour Thomas Joubert - Photo Michel Chauvierre

Une Chronique d'Hubert COMPAN

J’ai participé à la Féria de la «  monoencaste » : Garci Grande, Juan Pedro Domecq, El Cuvillo, Jandilla, tandis qu’à Vic sortaient des toros des « encastes minoritaires ».

 

J’étais au départ optimiste car  ces 4 ganaderias Domecq  produisent depuis quelques années des toros mobiles qui durent et qui plaisent aux figuras.

Mais à Nîmes seule la corrida de Jandilla a tenu ses promesses, ne parlons pas des clones de Garcigrande tous annoncés à plus de 500 kg ( ?...), parlons des Juan Pedro et des Cuvillo qui en général rassemblent des qualités de bravoure et de noblesse extrême : à la sortie ils galopent, après 1 ou 2 tours de piste ils mettent la tête dans le capote, le museau au sol, ils se retournent comme des chats, avec de très forts appuis sur les antérieurs puis ils partent au cheval la tête baissée qui le plus souvent passe sous le ventre et le carapaçon, et malgré la volonté du picador de ne pas trop blesser, la 1ére pique dure plus de 10 secondes. La 2ème pique est furtive. La majorité des toros ont gardé de la mobilité aux banderilles puis dés le début du 3éme tercio, tous ont connu des graves pannes de moteur pour une tauromachie de frustration qui parfois a fait illusion : je pense à Ponce avec ses muletazos en position de danseur étoile qui arrivent à porter sur le public…2 oreilles !

En conclusion je reprends le commentaire le plus utilisé par les chroniqueurs taurins à Madrid, à Séville, à Nîmes comme à Vic : les toros ont « manqué de fond »

Jamais je n’avais vu une telle inflation de trophées non justifiés, même dans les pueblos les plus reculés.

Alors pourquoi cette faiblesse qui avait tendance à disparaitre : le « manejo », la sélection ?

Un ganadero m’avait dit il y a peu de temps : le « manejo » est plus important que la sélection.

Des erreurs du « manejo » ?

 

 

L’alimentation : il n’y a plus de mauvaises formules d’aliment TDL, ils se ressemblent tous, et ils sont tous depuis une quinzaine d’années supplémentés en acides gras de palme qui entrainent un surpoids inutile de 30 à 40 kg : les piensos actuels sont formulés avec 5% de matière grasse, c’est trop, c’est inutile, il faut revenir  à des formules à 3% de matière grasse.

Les glucoformateurs et anti oxydants : après nos travaux de recherche avec l’INRA nous avons expliqué les effets positifs sur la résistance et la « duracion » d’une alimentation enrichie en glucoformateurs et antioxydants. De plus en plus de ganadero appliquent ces recommandations mais qui sont parfois difficiles a mettre en œuvre dans le quotidien de l’élevage.

La sélection :

La régularité des caractères de noblesse et de « toréabilité » est extraordinaire dans ces grandes ganaderias, tellement que des la 2ème passe de « capote » le torero a tout compris de son toro.

A  son 2ème Juan Pedro Juan Bautista à enroulé le toro autour de ses chevilles sans bouger pour une série de passes de capote phénoménale, chose que je n’avais jamais vue, mais quelle dépense d’énergie !

Il ne faut pas oublier qu’un toro dans sa vie n’a jamais eu l’occasion de produire de tels efforts, comme il n’a jamais eu l’occasion de lever un cheval sur sa tête !

La noblesse extrême on continue à la voir au cheval, on voit aussi la bravoure dans l’impact et la durée des mouvements de levier de bas en haut. Dire que le toro a été peu piqué, alors qu’il est resté la tête sous le caparaçon  plus de 15 secondes est une erreur d’appréciation.

La noblesse on continue à la voir dans la muleta avec de nombreuses « vuelta de campana » qui  cassent le rythme.

Alors cette noblesse extrème, avec ses conséquences sur le comportement au capote, au cheval, puis à la muleta  peut-elle être considérée comme une dérive de la sélection ?

A l’occasion d’une rencontre dans les salons de l’Impérator avec le représentant de la ganaderia « Pedreza de Yeltes » Jose Ignacio Sanchez, j’avais retenu que le ganadero avait orienté sa sélection sur des toros qui poussent à la pique, et lorsqu’on observe le trapio et la hauteur au garrot  on comprend pourquoi la position de la tête reste plus haute dans le contact avec le cheval. De même les toros de Miura avaient la réputation de « viser » le cou du cheval, ce comportement n’est-il pas seulement lié à la taille des Miura ?

 

Voila à quelles réflexions nous entraine une féria 2018 sans grandes émotions. Il y eu toutefois une novillada très intéressante avec du gabarit, de la taille, de la mobilité, et la sauvagerie qui caractérise le « manejo » de la ganaderia Pages Mailhan

La corrida « Partido de Resina » : 2 toros sur 6 et des applaudissements à l’arastre qui m’ont étonné.

Il y a eu aussi la despedida de Padilla que le public nîmois a salué avec joie, son estocade a son 2ème toro a fait lever 10000 spectateurs et comment expliquer aux autres une telle ovation quand le toro s’est écroulé ?

Padilla fait pari de ces toreros qui, s’ils ne sont pas de grandes « figuras », nous laissent des souvenirs indélébiles comme Paquirri, Nimeno, Victor Mendes, Cesar Rincon, El Fundi etc . Je les compare, et ce n’est pas de la nostalgie, aux joueurs de tennis des années 80 :  Mac Enroe, Connors,  Borg, Ivan Lendl etc., ils étaient autre chose que de grands toreros ou de grands champions.

Ultime souvenir de Nîmes 2018 : le seul vrai « manso » de la monoencaste, le n° 6 d’origine  Jandilla, véritable marathonien qui a passé son temps à chercher la sortie, à fatiguer les cuadrillas, pour au final être toréé efficacement sous la présidence par Alvaro Lorenzo. Un vrai manso de temps en temps ça fait du bien aux aficionados !

 

Les qualités d'un toro

Publié le par Charles CREPIN

La temporada est lancée ! Avant nos prochains périples en terre taurine qui nous conduiront vers Madrid, Cordoue, Vic, Istres ou Céret, il est temps de revenir sur quelques définitions de termes taurins couramment utilisés, j'espère à bon escient. Voyons ce qu'en dit El Giraldillo sur son site, une référence à ranger dans vos favoris !

Éclaircissons le sens de plusieurs notions essentielles qui permettront de valoriser le toro et par là même le travail du torero :

Bravoure : qualité spécifique du taureau brave; dans la suerte des piques, capacité combative d’un toro devant s’accroître avec le châtiment; capacité de l’animal à charger jusqu’à la mort.

Une notion en relation avec la bravoure est la codicia, soit la capacité à charger inlassablement, à chercher de nouveau le leurre à la sortie d’une passe de manière à permettre d’enchaîner celles-ci.

Caste ou Race : caractère, pouvoir de combativité du toro dans le combat. Un animal peut être de bonne ou de mauvaise caste. S’il a trop de nerf et de tempérament on parlera d’un toro de mauvaise caste. La bonne caste sans doute est-elle synonyme de bravoure...

El Giraldillo - Lire l'article complet sur le site, ici

 

Gallon à la Feria de la Crau

Publié le par Paul Bosc

Il s'appelait Aimé

Comment, avec un prénom pareil, aurait-il pu être un autre homme ? Aimé Gallon n'était que gentillesse, amabilité et ne connaissait que le sourire pour répondre à chacun. C'est l'image dont, sans doute, tous les aficionados se souviennent quand on évoque le fondateur de la ganaderia Aimé Gallon, le plus ancien éleveur de toro de combat français. Avec son épouse Isabelle, que tous surnommaient « Belou », il avait acheté, en 1956, la manade Lescot. Il y avait un peu de tout dans le lot de vaches et taureaux : des taureaux camarguais, des croisés espagnols, sans doute des Santa Coloma que l'on retrouve dans presque toutes les ganaderias du pays d'Arles et de Crau à cette époque.

Mais Aimé s'était fixé comme pari de faire ressortir la race pure espagnole pour créer un véritable élevage de toros de combat. Pour réaliser son rêve et faire vivre sa famille, il cultiva d'abord du riz puis du foin de Crau sur la propriété du mas d'Icard à Mas-Thibert et tenta l'aventure avec divers étalons d'origines Domecq. Dès 1957 il présente une novillada sans picador et une novillada piquée en 1958. Mais les résultats ne sont pas satisfaisants ou, tout au moins ne conviennent pas au rêve de ce « grand-petit homme ». Malgré des résultats remarquables comme cette novillada le 20 mai 1993 dans les arènes de Lunel où Ricardo Ortiz s'est illustré face à « Campero », en 1999, la maladie décime l'élevage et Aimé qui depuis 1972 a l'aide de ses fils Michel et Jean-Pierre achète deux sementales et une centaine de vaches aux éleveurs andalous Angel et Juan Antonio Sampedro, purs Juan Pedro Domecq.

Au mas d'Icard, ce qui reste de l'ancien élevage est séparé des Sampedro et le long travail de la sélection recommence. Les bêtes ont la bravoure et la noblesse mais la faiblesse gâche ou cache souvent ces qualités primordiales.

Enfin, en 2004, 2005 et 2006, la ganaderia Aimé Gallon et fils obtient des résultats satisfaisants notamment à Céret en corrida avec « Despierdito » ou à Tarascon où le novillo « Giraldito » gagne la novillada-concours et permet à Jérémy Banti de triompher. A Aire-sur-Adour, c'est « Opulento » qui gagne la corrida-concours.

Bien sûr Saint-Martin de Crau est aussi le théâtre de nombreux succès et on se souvient notamment de Morenito de Aranda face au toro « Desertierto » de Gallon en 2015 honorant ainsi le prix « Aimé Gallon » mis en compétition chaque année.

Aimé est parti, voilà dix ans et son épouse Isabelle l'a rejoint en 2015. Aujourd'hui Michel et Jean-Pierre mène la barque et leur descendance prendront bientôt les rênes de la ganaderia.

Un jour Michel racontait que son rêve serait de toréer à Séville, à la Maestranza.

Le chemin se dessine tout doucement avec cette triomphale corrida à Iniesta en août 2015 où 8 oreilles ont été coupées et « Odalisco » grâcié par Morenito de Aranda avec sortie en triomphe des éleveurs et des toreros Cesar Jimenez et Francisco José Espada qui revient dans les arènes de Saint-Martin cette année.

L'année dernière c'est à Navalcan le 15 août que les toros de Aimé Gallon et fils se distinguent avec encore Morenito de Aranda (2 oreilles et 1 oreille) ; Cesar Jimenez (2 oreilles et 2 oreilles) et Joaquin Galdos (2 oreilles et 2 oreilles), le quatrième toro effectue une vuelta posthume.

Pour la feria de la Crau 2017, le 30 avril prochain une corrida de Gallon est programmée avec Morenito de Aranda devenu une relation privilégiée entre les éleveurs et le torero de Burgos, Juan Leal, le torero arlésien et Francisco José Espada, triomphateur également de la corrida de Iniesta.

Un cartel que Aimé regarde, de là-haut, derrière ses grosses lunettes rondes, avec la satisfaction d'avoir réussi sa vie.

 

Paul BOSC

22/02/2017

 

Le toro de Pamplona

Publié le par cercletaurin.nimois

Le toro de Pamplona

Quand on voit les toros de Jandilla à Pamplona (corrida 11 Juillet 2016), on se dit que l'empresa nîmois s'est sacrément fait rouler avec ses toros "les plus luxueux et les plus chers" ! A moins que ce ne soit les nîmois...

Le toro de Pamplona
Le toro de Pamplona
Le toro de Pamplona

La question !

Publié le par cercletaurin.nimois

Pedraza de Yeltes et les figuras, un jour peut-être...

Publié le par Paul Bosc

Pedraza de Yeltes et les figuras,  un jour peut-être...

La vérité sortirait-elle des graviers de Yeltes ?

La traduction de Pedraza serait, selon certains linguistes, une gravière. Et les toros des frères Uranga, hommes d’affaires basques propriétaires de la jeune ganaderia Pedraza de Yeltes pourraient bien être sortis des graviers du rio Yeltes qui traverse le Campo Charro. Dans le milieu taurin, on aime bien les images quelque peu légendaires qui renforcent les réputations. Une chose est, en tout cas, sûre : en ce lundi de Pâques, à Arles, une nouvelle étoile s’est ajoutée, sur les couleurs de cet élevage de Salamanque. Et surtout « Dudanada », un toro de 600 kg, au cuir coloré, qui a laissé ses deux oreilles à l’Arlésien Thomas Joubert après un combat qui restera gravé dans les mémoires des aficionados présents.

Pedraza de Yeltes et les figuras,  un jour peut-être...

Le torero qui a peu de contrats jouait ce jour-là, son va-tout. Ou ça gagne, ou ça casse ! Après une année sabbatique, après sa blessure lors de son alternative, « Tomasito » reprenait l’épée sous son véritable nom et se distinguait à Mauguio face à un toro des frères Gallon, puis à Istres l’année dernière et Jean-Baptiste Jalabert, le nouveau directeur des arènes d’Arles lui faisait confiance pour affronter ce bétail à la réputation sulfureuse surtout après la corrida de Dax, la novillada de Garlin ou ses présentations à Azpeita, Pamplona ou Madrid.

Pour la première fois, les arènes d’Arles accueillaient pour lla clôture de sa Feria pascale cet élevage confié à un ancien torero José Ignacio Sánchez qui, les anciens s’en souviendront sans doute, s’était présenté en France, à Beaucaire en 1995 avec César Rincon et Manzanares (père) et avant de subir une blessure qui devait le faire renoncer à toréer. Mais avant Arles, José Ignacio Sánchez était l’invité du CERCLE TAURIN NÎMOIS ce dimanche de Pâques à Nîmes dans les salons de l’Hôtel IMPERATOR. Et il faut bien reconnaître que l’adage que rappelait Francis Fabre lors de la conférence « les anciens toreros ne font jamais de bons ganaderos » était faux. Jeune (son ancienneté à Madrid ne date que de 2010, la ganaderia s’est rapidement imposée et, selon les dires du sémillant ganadero, par un travail de sélection impitoyable représentant 50 % du travail partagés ensuite par une alimentation de sportif de haut niveau et le maniement (manejo) des bêtes. La propriété bâtie exemplairement pour l’élevage de toros possède un « torodrome » de plusieurs kilomètres où les bêtes courent et se musclent pratiquement quotidiennement. Les socios du CTN qui étaient présents l’année dernière à Salamanque connaissent les lieux et ont un regard énamouré pour Juan, aujourd’hui âgé de 44 ans, aux cheveux filés d’argent.

Pedraza de Yeltes et les figuras,  un jour peut-être...
Pedraza de Yeltes et les figuras,  un jour peut-être...

A Arles, quatre ou cinq fils de différents sementales étaient parmi le lot présenté mais les aficionados ont reconnu dans « Dudanada » les caractéristiques des toros de Dax qui chargent la cavalerie en « s’asseyant » sur leurs fesses pour mieux soulever le cheval. Mathias Forestier, le picador de Thomas a su contrôler ces deux assauts, Raphael Viotti le banderillero a été acclamé et Thomas Joubert a su construire une faena toute en finesse. Tout n’a pas été parfait, certes, la perfection n’est pas de ce monde mais aux côtés de toreros bien plus armés que lui et notamment Juan Del Alamo qui connaît cet élevage depuis son apprentissage, c’est bien l’Arlésien qui a su profiter du meilleur toro de l’après-midi salué par un tour de piste posthume accompagné par le mayoral Miguel Angél Sanchez « Curro » et un abrazo à Paquito Léal, professeur de l’Ecole taurine d’Arles. Dans les barrières, dans l’ombre presque, Alain Montcouquiol qui n’avait plus jamais mis les pieds dans les arènes d’Arles depuis l’accident de son frère, Nimeño II, donnait ses conseils à ce torero qui n’a pas d’apoderado mais qui poursuit une route tracée dans sa tête depuis son plus jeune âge et sa passion pour la tauromachie.

Mais qu’est-ce qui fait la différence entre les Pedraza de Yeltes, les Garcigrande, les Victoriano del Rio ou les Daniel Ruiz ? Si l’on parle d’encaste, ils sont tous issus de sang Domecq et Pedraza par El Pilar.

Comme le soulignait le ganadero, il faut savoir ce que l’on veut faire : soit vendre 50 ou 60 corridas par an, avec des critères de sélection qui satisfont les grandes vedettes actuelles, soit rechercher un toro qui se défend dès son entrée en piste jusqu’à sa mort. C’est le choix de la ganaderia Pedraza de Yeltes dont les pensionnaires marquent régulièrement des points mais que les El Juli, Manzanares, Morante de la Puebla, Talavante et bien d’autres n’acceptent pas.

Quoique ! Il paraît que El Juli serait prêt à franchir le pas. Lopez Simon est allé tienter chez Pedraza… « Un jour viendra où les vedettes accepteront de toréer nos toros. C’est sûr » affirme José Ignacio.

La corrida y retrouverait ses lettres de noblesse. Surtout quand, à l’inverse, on a vu les Garcigrande du samedi et les Daniel Ruiz le dimanche...

Les Cebada Gago ou Fuente y Imbro sont aussi des exemples qu’il n’y a pas que du sang de navet chez les Domecq. Alors une corrida comme celle-ci aurait dû accueillir bien plus de spectateurs qui, à l’heure où Thomas Joubert sortait par la grande porte des arènes d’Arles porté par Charly Lahoé, auraient arborré un grand sourire de satisfaction. Mais ce n’était que la première présentation des Pedraza de Yeltes. D’autres suivront…

TOREROS GANADEROS

Publié le par cercletaurin.nimois

 

Les toreros sont-ils d’excellents ganaderos ?

 

Par Paul Bosc

 

 

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Toro du Laget  de Luc JALABERT - Photo JIES

 

 

Cette temporada 2011 aura été marquée par la présence de deux fers appartenant à des toreros et qui auront laissé un excellent souvenir aux aficionados. Tout d’abord celui de « Joselito »  Miguel Arroyo qui, à Bayonne, a présenté une belle tarde de toros récompensée par l’Union des clubs taurins Paul-Ricard du Sud-Ouest et à laquelle ont participé les vedettes actuelles : El Juli,  Daniel Luque et Curro Diaz.  Les « toros de la reina » (encaste Parlade) armés et puissants ont non seulement mis la rouste au seigneur des arènes El Juli, mais également montré de belles qualités de combattants.

 

Pas primés mais tout aussi respectables, les novillos du maestro Enrique Ponce présentés à Nîmes pour la Pentecôte et la novillada de la cape d’Or. Cet élevage, acheté par le torero de Chiva en 1993 d’encaste Domecq a, lui aussi, dans les arènes de Nîmes,  révélé de belles qualités de  bravoure et noblesse.

 

Ces deux exemples  sont-ils isolés ? De nombreux toreros ont tenté l’aventure avec des résultats peu encourageants,  mais peut-être que pour certains ce n’était qu’une manière de « placer » leur argent. Ou alors, les toreros ont, en quelque sorte, pris les toros par les cornes pour sortir la fiesta brava de l’ornière où elle s’enfonce de plus en plus avec des bêtes sans classe, sans force, sans race. Accordons donc deux bons points à ces toreros consciencieux et espérons qu’ils continueront dans cette voie, ô combien difficile.

 

A travers l’histoire de la tauromachie de nombreux toreros ont acheté des fincas, des fers, des sementales et des vaches avec des résultats pas toujours évidents. Citons Antonio Ordonez  qui avait acheté une ganaderia d’origines Murube-Urquijo, encastes qu’il a souvent rencontrés ; Palomo Linares, Victor Mendes qui disait : « Je reconnais un toro Santa Coloma au bruissement de ses oreilles » mais il a acheté un encaste plus souple avec les Pablo Mayoral, Nino de la Capea et sa famille qui parviennent à placer quelques « murube » pendant les temporadas. Litri, Espartaco ont également tenté de porter la casquette de ganadero. Stéphane Fernandez Meca aussi mais l’expérience n’a pas duré. Plus sérieux Ortega Cano qui a acheté un fer de Guardiola (Pedrajas) et dont un novillo de la ganaderia baptisée Yerbabuena a été gracié dans les arènes de Nîmes le 28 février 1999 par Juan Bautista  Mais nous n’avons pas souvenir d’autres grandes corridas de ce fer.

 

Autres exemples, le matador madrilène Juan Jose Prados «  El Fundi » qui pourrait toréer tous les Escolar Gil de son beau-père, et s’est tout de même acheté une ganaderia d’encaste Marcos Nunez. Et Victorino Martin fils ? Avant de devenir vétérinaire, il avait tenté l’aventure de torero, sans dépasser l’alternative et dirige aujourd’hui le prestigieux élevage du papa Martin. Pourtant les aficionados ont le net sentiment que le côté « torero » du fils a modifié l’agressivité des Victorino.

Cesar Rincon, qui n’a pas été épargné par les élevages difficiles, a porté son choix sur l’achat  de toros moins agressif, de El Torreon ; El Viti, le grand matador de Salamanque s’est également investi dans l’élevage et l’on retrouve chez Hubert Yonnet du sang  du bétail que le maestro possédait  de Lisardo Sanchez dans la lignée Conde de la Corte-Atanasio Fernandez (informations de l’Association des éleveurs français de taureaux braves) qui a aussi abouti chez Jose Mari Manzanares. Simon Casas a également investi, à une époque, dans l’élevage avec Pierre-Marie Meynadier et les toros de « Occitania ». La tempête de 2002 a décimé le troupeau.

 

 

Mais c’est du côté des rejoneadores que nous trouvons le plus grand nombre de ganaderos à l’exemple de Luc Jalabert (toros du Laget qui ont remporté le premier prix de « toros de France », compétition d’élevage français pendant cette temporada), de Marie Sara (toros Los Galos), Marie-Pierre Callet (domaine de Malaga) et évidemment les Espagnols Alvaro et Antonio Domecq, Conchita Cintron, dont l’élevage a été racheté par Hubert Yonnet, mais aussi Angel Peralta et  Buendia, etc.

 

L’avenir est-il dans les ganaderias « toreros » ? Nous ne tiendrons toutefois pas le pari, les toreros ont souvent la tentation de vouloir modifier le caractère des toros afin qu’ils soient dociles et leurs permettent de briller mais les mentalités changent. Espérons….  des lendemains meilleurs.


"TOROS DE FRANCE", l'oeil du veto

Publié le par Boulevard des Arènes

 

 

Le challenge TOROS DE FRANCE

 

par Hubert COMPAN, vétérinaire taurin

 

L’Association des Eleveurs Français de Toros de Combat a mis en place cette temporada 2011 le challenge « Toros de France ». 6 lots de toros ont été proposés à des organisateurs de corrida qui recevaient de l’Association des Eleveurs Français de Toros de Combat  une aide financière incitative. L’Association des éleveurs et Luc Jalabert  étaient maitres d’œuvre pour le choix des ganadérias. Un jury de 7 membres a été mis en place pour désigner la meilleure ganaderia, le meilleur toro, le meilleur torero à partir d’une fiche de notation qui estimait la présentation, le comportement à la pique et le comportement à la muleta (mobilité, noblesse). Le jury était composé de Ganaderos : Michel Barcelo,  Gérard Granier, du représentant des clubs taurins Ricard : Bernard Planchon, d’un journaliste : Laurent Deloye, d’un vétérinaire, d’aficionados : Guy Tangy, et de personnalités recrutées sur place : Jacques Cathala, Marcel Garzelli etc.

 

Les corridas

Le 3 avril à Vergèze : toros de Yonnet pour Guillermo Alban, Marc Serrano, Paco Ramos.

Le 9 avril à St Martin de Crau : toros de Tardieu Frères, pour Javier Castano, Julien Miletto, Ivan Fandino

Le 8 mai à Palavas : toros de Margé pour El Juli, Juan Bautista, Castella

Le 19 juin à Aire/Adour : toros de Jalabert pour Padilla, Juan Bautista, Miletto

Le 3 juillet à Eauze : toros de Gallon pour Curro Diaz et Juan Bautista

Le 27 aout à Mimizan : toros de Darré pour Miletto, Adame, Lescarret

 

Sur les 6 corridas il ya eu de tout, du meilleur et du moins bon, mais dans tous les cas la présentation des toros a été au niveau des ganadérias espagnoles et souvent au dessus. Vous avez peut être lu quelques chroniques qui en général ont été très « discrètes ». Les notations du jury ont été collectés par le Parc Régional de Camargue et le palmarès a été annoncé d’abord à l’issu de la corrida de Mimizan, puis le vendredi soir 9 sept après la (bonne) novillada de Margé en Arles :

 

meilleur lot : Jalabert, 2éme Gallon, 3éme Darré

meilleur toro : le no 122 de Gallon magnifiquement torée par Juan Bautista

meilleur torero : Juan Bautista en état de grâce devant les toros de la famille

 

quelques commentaires :

 

La corrida des fêtes à Aire/Adour :

Sur les 6 toros, 5 toros solides prenant 2 vrais piques rentrant dans la muleta allègrement, donnant tous du rythme au combat et terminant bouches fermées sans la moindre génuflexion. Seul le 6éme accusa de la faiblesse en début de faena mais récupéra par la suite grâce à la tauromachie intelligente de Miletto. Le public festif est rentré dans la corrida des le premier toro, et a su réclamer à juste titre la vuelta du 5éme, vuelta que le 4éme aurait autant mérité si Padilla avait économisé du carburant dans les 1éres séries données à un rythme d’enfer !

 

L’événement a été la conduite du tercio de pique.

 

D’abord avec l’utilisation de la pique de Bonijol qui semble être définitivement admise par les cuadrillas et qui rentre plus facilement dans les masses musculaires. En restant très prudent car sans preuves « scientifiques » pour le moment, je crois pouvoir dire que si la pique est donnée simplement sans faire le « marteau piqueur » le toro saigne moins. J’en arrive à l’évènement :

 

Apres une mise en suerte parfaite par les 3 toreros, Juan Bautista ayant à cœur de valoriser l’élevage familial, a placé le toro pour une première pique « légère » et aussitôt retirée puis pour une véritable 2ème pique en partant de loin et plus appuyée : tout le contraire de ce que la tauromachie actuelle nous impose.

 

C’est la première fois que j’ai observé cette façon intentionnelle de conduire le 1er tercio et c’est pour cela que j’en ai fait un évènement  qui signifie que lorsqu’un torero veut mettre en valeur un toro, qui de plus est issu de l’élevage familial, la fête peut commencer des le 1er tercio : c’est ce qui s’est passé à Aire et le public l’a bien compris.

 

La corrida de Gallon à Eauze

La noblesse Gallon, avec un tercio de pique minimal, mais aussi un grand toro, encasté, mobile et plein de toutes les qualités qui a fait remonter la moyenne des notes. Il est toutefois regrettable que pour les 2 corridas, les toros qui pour moi avaient le plus d’allure par leur taille, leur longueur et leur tête ont été mis en réserves !!

 

La corrida de JL Darré à Mimizan:

 Un lot de toros très musclés, devant et derrière, amenés à Mimizan 2 h avant la corrida. Les arènes étaient quasi pleines, et les quelques anti ridicules. Apres la présentation de ses toros  en corridas concours on craignait un manque de mobilité : tous ont galopé et ont été toréables avec des défauts qui génèrent le danger et maintient en haleine un public Sud Ouest qui aime ce type de corrida où l’efficacité prime sur l’art.

Ils sont rentrés au cheval en venant de prés, comme l’exige le règlement du rugby actuel. Et quant JL Darré fabriquera des toros plus proches des gabarits de 3éme ligne que de ceux de la 1ére ligne de l’équipe de Mirande, les résultats seront encore meilleurs

 

Un mystère : le manque « d’explosivité » des Yonnet à Vergéze, il est vrai âgés de plus de 5 ans et annoncés entre 520 et 590 kg. C’est pour moi toujours un plaisir de voir sortir les toros de la Bélugue, et ceux prévus le 23 octobre à Aire/Adour ne manquent pas de « piquant » (vous avez compris le mot « piquant » !).

 

Pour nous vétérinaires ces corridas auraient pu être l’occasion d’examiner les effets de la pique Bonijol dans de bonnes conditions : nous ne l’avons pas fait, ce sera pour l’année prochaine, et ce d’autant plus facilement que nous avons testé ce 9 octobre 2011 en collaboration avec le Club taurin La Unica de St Martin de Crau une méthode de mesure des trajets des différentes piques utilisées actuellement.

 

Il faut souligner aussi que les 3 premiers élevages du palmarès avait suivi les recommandations de l’INRA pour la préparation alimentaire des toros.

 

 Les « toros de France » ont été aussi présents dans d’autres corridas et novilladas qui ont marqué positivement la temporada.  Je parle de ce que j’ai vu :

 --L’exceptionnelle novillada de Blohorn à Lunel, 6 novillos encastés,  galopeurs infatigables, 14 vrais piques au total.

 --La corrida de Margé à Beziers, avec un magnifique toro toréé par Juan Bautista le 14 aout sous l’orage et 4 autres présentés le 24 sept avec Bolivar et Savalli : des beaux toros applaudis avant et après, le 2éme de Bolivar impressionnant, avec des morillos bien dessinés sur de solides charpentes :  des toros qui entrent au galop dans la muleta, des faenas à un rythme soutenu du début à la fin  et un public sympathique qui est entré dans la course des le 1er tercio en acceptant que Bolivar et Savalli n’étaient pas le Juli ou Castella. Il y a eu aussi la concours de Vic ( je n’y était pas) apparemment supérieure à celle de Pentecôte. Etc…. etc…

 

Le challenge Toros de France à constitué une bonne occasion pour  les éleveurs français de montrer leurs toros de 4 et 5 ans. Il faut donc espérer que l’action « Toros de France » va continuer sous formes de corridas ou novilladas (avec ou sans financement ?). Il y a eu parfois un manque de communication sur la présentation des toros et de la ganaderia, et sur le challenge « Toros de France » en général, notamment auprès du « noyau dur » des 2 à 3000 aficionados qui ne veulent pas être trompés sur la marchandise, qui aiment connaitre le « manejo » de la ganaderia, qui ont leurs exigences sur la conduite du tercio de piques et sa revalorisation : c’est ce public là qu’il faut séduire. 1/3 d’aficionados toristas, 1/3 des autres, 1/3 de spectateurs occasionnels, on rempli l’arène !

 

 Il faut savoir que en 2010  sur 800 males nés dans les Ganadérias françaises, seulement 285 toros ont été lidiés : 37 toros, 82 novillos et 166 NP : on doit pouvoir  mieux faire notamment grâce aux projets « Toros de France »,

 

...et ne pas oublier que la meilleure défense de la corrida…. C’est d’y aller.

 

pescalune, un toro brave

Publié le par Paul BOSC

UN TORO BRAVO EST MORT


Pescalune est mort et a vécu deux vies. La première s’est  arrêtée le 21 juillet 2002, dans les arènes de Lunel pour la novillada des fêtes. Le novillero Emilio Laserna  a levé son bras pour porter l’estocade mais sa main n’était pas armée. Pescalune avait obtenu la grâce et reviendrait à la Belugue, chez Françoise et Hubert Yonnet.
Pendant de longs mois il est resté dans le corral, juste derrière le mas pour soigner ses blessures. Il s’était montré brave face au piquero, n’hésitant pas à se précipiter sur ce cheval même si le fer du piquero lui mordait le morillo.  Puis il a attaqué la muleta qui se présentait devant lui. Sans relâche, répondant à toutes les sollicitations. Sur les gradins le public était debout et peut être même que certains se souvenaient des combats de Montenegro en 1981 à Saint Sever qui avait reçu 7 piques et renversé 4 chevaux ou de Carabin pour la feria pascale de 1997 dans les arènes d’Arles qui devait consacrer Morenito d’Arles et qui avait été honoré d’un tour de piste posthume ou même encore  Montecristo ou Salinero, autres novillos mémorables de cette ganaderia qui a fêté ses 150 ans en 2009 et qui a été présentée à Séville, Barcelone et Madrid.
Pescalune, curieusement, dans sa deuxième vie, a gardé sa taille de novillo et n’a jamais plus grandi.  Mais ses descendants ont été nombreux, même si aucun, pour l’instant, n’a égalé sa bravoure.
Pescalune est mort. Il avait 12 ans. Il portait dans ses veines le sang  navarrais de Carriquiri, celui portugais de Pinto Barreiros (encastes Parladé-Santacoloma)  transmis quand Hubert Yonnet acheta l’élevage de Conchita Cintron puis d’un étalon acheté au torero Santiago Martin « El Viti » d’origine  Lisardo Sanchez  (encastes Conde de la Corte - Atanasio Fernandez).
C’était un toro bravo qui a honoré  la devise  « vert et blanc » de Hubert Yonnet  et aura vécu deux vies. Les aficionados se souviendront-ils de lui quand ils demanderont aux présidents de laisser la vie sauve à des toros qui ne lui arriveront jamais au niveau du sabot.

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